Perspectives autochtones : les anciens en tant qu’éducateurs


Chez ECO Canada, nous rencontrons des personnes intéressantes qui ont un impact sur l’environnement et qui laissent leur marque dans leur communauté. Nous avons eu la chance de discuter avec Marvin Ward et Carol Crowe de leur expérience personnelle en éducation environnementale et de leur vision pour l’avenir de l’environnement au Canada.

À propos de Marvin Ward

Nous avons rencontré Marvin à notre activité de réseautage et de remise des prix Impact à Calgary en septembre 2017. L’inspiration est parfois le fruit du hasard — c’est ce qui s’est produit. Marvin était venu écouter la conférence de Carol Crowe sur l’éducation et les relations autochtones, et nous avons tôt fait d’apprendre qu’il est l’un des fiers diplômés de notre programme de formation du Renforcement des ressources humaines autochtones en environnement (Building Environmental Arboriginal Human Resources, ou BEAHR) en surveillance environnementale. Sa participation à ce programme l’a motivé à démarrer sa propre entreprise de services de consultation en environnement. En plus d’être diplômé du BEAHR et propriétaire d’entreprise, il est un ancien fort respecté de la Nation crie d’Enoch.

Il a accepté de nous parler de son expérience et du cheminement qu’il a suivi pour découvrir ses racines et son attachement à la terre.

À propos de Carol Crowe

Carol est une formatrice du BEAHR agréée par ECO Canada. Elle est aussi la directrice d’Indigenous Visions. Ses travaux sont axés sur la formation et l’éducation des Autochtones pour qu’ils puissent travailler dans le secteur de l’environnement. Comme elle a une vaste expérience de la prestation de programmes du BEAHR d’un bout à l’autre du Canada, elle est l’une de nos formatrices les plus recherchées. Passée maître dans l’art de manier les mots, Carol parvient à présenter du contenu environnemental de façon à intéresser et à inspirer son auditoire.

Lorsqu’elle offre des programmes de formation du BEAHR, Carol combine des techniques environnementales aux connaissances traditionnelles des Premières Nations.

Vision pour l’environnement

Nous avons demandé à Carol et à Marvin de nous décrire leur vision pour l’avenir de l’environnement.

Marvin :

Ce que je vois, dans mes cérémonies et dans mes rêves la nuit, c’est qu’il crie au secours. C’est très émouvant, mais notre environnement a un besoin urgent qu’on lui vienne en aide dès maintenant. Il se meurt. Il a été blessé. Ce que nous lui faisons, cette manie que nous avons de creuser, de poser des pipelines, et tout le reste… La terre prend beaucoup de temps à se guérir. C’est l’une des choses que j’ai apprises grâce au programme du BEAHR.

L’environnement a mangé une sale volée. C’est en voyant certaines des conséquences du changement climatique — mère Nature nous parle, et nous sommes passés à l’action. Le gouvernement écoute enfin. J’ai bien peur qu’il soit trop tard et que nous n’en faisions pas assez, mais nous avons finalement remis de l’ordre dans nos affaires et les règlements se font plus stricts.

Carol :

Ce qu’il y a de bien, c’est le changement qui s’opère chez nos jeunes lorsqu’ils participent à ces programmes et qu’ils se rendent compte de ce qu’ils peuvent faire et des façons dont ils peuvent s’impliquer. Il faut faire le pont entre nos deux mondes pour envisager des manières d’innover, aider à réduire les conséquences et procéder au nettoyage.

La guérison est une question globale, elle requiert une approche d’ensemble.

Participation des Autochtones

Comment croyez-vous que les Autochtones devraient participer aux enjeux liés à l’environnement ?

Carol :

Nous avons présentement l’occasion de faire participer les surveillants à toutes les étapes du développement humain. Nous avons raté la révolution industrielle, alors maintenant que nous avons la chance de prendre part à ce que font les industries — nous pouvons participer de façon beaucoup plus active pour essayer de trouver des moyens de réduire les conséquences.

Marvin :

Je vais consacrer le dernier chapitre de ma vie à parler aux gens de l’environnement, de la prise de conscience, des conséquences. Vous devez comprendre qu’en tant que membres des Premières Nations, nous avons ce don traditionnel du savoir et des liens qui nous unissent de par le monde. Vous devez utiliser ce don, vous ne pouvez pas le garder pour vous, vous devez le diffuser… Voilà votre tâche, alors sortez de chez vous et passez le message !

Quels conseils donneriez-vous à des Autochtones qui souhaitent participer à des travaux dans le domaine de l’environnement ?

Carol :

Engagez-vous dans votre communauté là où vous le pouvez, apprenez à connaître vos anciens, les domaines de compétences de chacun — les plantes, les animaux, etc. Engagez-vous aussi auprès de la civilisation occidentale, travaillez avec tous ceux qui le voudront : les entreprises dans votre région, les ONG, les organismes gouvernementaux — faites en sorte que la communication se poursuive, ouvertement et en continu. Vous devez penser comme un entrepreneur, vous préparer à passer à l’action et à quitter votre zone de confort, établir des connexions, parler. Engagez-vous de toutes les façons possibles, faites tout en votre pouvoir pour éveiller les esprits.

Perspectives sur le leadership

Carol :

Les scientifiques occidentaux confirment ce que les anciens nous disent. Nous devons les écouter, nos anciens, comme nous écouterions un scientifique détenant un doctorat. Les deux mondes savent que quelque chose cloche, mais que nous pouvons agir. Nous sommes tous dans le même bateau. Cette approche à deux mondes, c’est vraiment ce qu’il nous faut.

Les dirigeants ne sont pas au courant ou ne comprennent pas les occasions qui s’offrent à nous. Si nous parvenons à faire en sorte qu’un plus grand nombre de nos jeunes accèdent à de tels rôles, et qu’ils parviennent à instruire leurs dirigeants… Nous avons besoin de leur leadership.

Marvin :

Je vois un grand changement chez les dirigeants, dans leur perception de l’environnement.

Perspectives sur l’éducation

Que diriez-vous aux autres participants qui envisagent de suivre la formation ?

Marvin :

Informez-vous, soyez au courant de ce qui se passe, et lisez !

Le programme du BEAHR ouvre votre esprit à de grands concepts, comme la façon qu’ont les terres humides de se guérir. Le programme du BEAHR, pour un vieux comme moi, par les exercices que nous avons réalisés, les sorties que nous avons faites, j’ai appris beaucoup en sortant et en faisant ce qui était indiqué au programme. Ça m’a éclairci les idées, de comprendre l’environnement et les conséquences.

Si nos programmes de formation du BEAHR vous intéressent ou que vous souhaitez devenir un formateur agréé du BEAHR, cliquez sur ce lien (en anglais seulement) : www.eco.ca/beahr

Carol Crowe : Indigenous Visions

Marvin Ward : Mar-Leigh Environmental

Comments

No comments yet